samedi 21 février 2015

Les Greemlins

Prendre les armes. S'en aller froidement abattre des personnes que l'on ne connait pas. Prendre cette décision avec la plus féroce conviction. Le faire en sachant que l'on n'en reviendra pas. Se donner à la mort, se suicider en pensant faire bien. Le suicide philosophique qui engouffre l'âme et le corps dans les ténêbres. Car on ne l'a pas assez dit : ces grands gamins qu'étaient Merah, Nemmouche, les frères Kouachi et Coulibaly étaient avant tout des suicidaires. Ils ont décidé d'en finir avec la vie. On leur a vendu une mort plus douce. L'enfer aux milles vierges. Ils n'ont jamais de leur vivant conçu un chemin vers la sérénité, l'apaisement. Cela passerait nécessairement par la mort. C'est le Mektoub se disaient-ils, ils n'y pouvaient rien. Eux n'étaient à leur yeux que des victimes de ce système. Ils ont souhaité être des gros caïds, ils s'aguerrirent comme tous entre des barreaux. Leur mégalomanie née de la rencontre entre leurs frustrations cupides et leur orgueil belliqueux, les poussèrent, plutôt que de se remettre en cause, à se laisser tenter par quelques tartufferies qui les lavaient de toute responsabilité directe. Si ils se sont retrouvés en prison, c'est parce qu'on voulait les faire tomber. Parce qu'ils étaient trop forts. Parce qu'ils étaient musulmans. Le vice, c'est la société française qui leur a imposé. La maille, les meufs et le teushi, c'est la société française qui leur a imposé. La société française, le voilà le Sheitan (diable) ! Les femmes libres, l'argent, les libertés individuelles, le voilà le Sheitan. Ils faut remettre de l'ordre et de la valeur. Avec ordre et valeur, ils n'auraient jamais cédé aux tentations. Il faut chatier les impies, les infidèles. Il faut punir les mécréants. Ils faut tuer Charlie et les juifs. 
Voilà pourquoi après avoir tous rêvé de devenir Scarface, tous se sont improvisé messager d'un prophète dans lequel ils s'étaient engouffrés comme dans un tunnel vers une liberté éternel. Tous se sont réhabilité en s'autoproclamant inquisiteurs de la bonne conduite....dans leur famille, dans leur quartier et sur les réseaux. Des vocations sont nées. A force de donner trop de rêve américain à des ados décérébrés en manque d'identité, on a construit un cauchemar à l'américaine, une meute de monstres sortie tout droit de l'histoire de l'Empire, du choc des civilisations importé du 11 septembre 2001...Les Greemlins ou quand Scarface rencontre la Nation de l'Islam version Malcom X. Après le premier volet de cet hommage à Charlie Hebdo, "les commanditaires", dans lequel j'expliquais que nos dirigeants, nos médias et nos soi-disant élites avaient participé à la conception de ce monstre qui aujourd'hui ensanglante notre environnement proche et menace nos liberté, je vais essayer dans ce second volet d'expliciter qui sont ces barbares, qui sont ces "Greemlins".



Nous avons là matière à conjoncturer. Cinq spécimens de ces petits monstres barbares que je dénomme les greemlins. Cinq destins, cinq histoires qui se sont indépendamment données le même objectif, la même mort, la même folie meurtrière. On les dit musulmans et plus spécifiquement islamistes. Ils se définissaient eux-même comme de fervents musulmans. C'est là qu'un élément premier interpelle ma réflexion. Je dis "élément premier" car je projette à travers ce mot concept les éléments qui fondent les postulats sur lesquels nous basons nos réflexions communes. Il est de bien commun que ces cinq Greemlins étaient des musulmans, dit islamistes ou par d'autres "djihadistes". 
Je ne peux valider cet allégation. J'invalide par là-même tous les débats qui pullulent dans nos médias frénétiques et avides de polémiques néanderthaliennes. La religion n'est pas une autoroute à péage. Il ne s'agit pas pour se réclamer du message d'Abraham, de Jesus ou de Mahomet de simplement procéder à quelques rituels qui n'ont pour vocation que d'éprouver la rigueur et la discipline du croyant. Il ne suffit pas de dire Allah akbar ou Wallah la Mecque pour s'improviser prédicateur et messager de dieux comme il ne suffit pas de jurer sur la sainte vierge ou de dire le benedite pour se prétendre enfant de Jesus. La religion est une quête sans fin. Nous parlons là de spiritualités séculaires qui retranscrivent l'histoire des hommes, les sentiments humains, les vice et les vertus, qui traite de métaphysique. Le chemin vers une simple approche quelque peu pertinente est un chemin déjà ardu. Prétendre comprendre les textes dans leur globalité comme dans leurs détails, saisir leurs sens et sonder leurs profondeur est une prétention quasi-divine. Même après avoir lu tous les philosophes de l'antiquité, les musulmans du moyen-âge, grande époque de l'Islam, ne cessaient d'interroger les textes sans jamais prétendre réussir à les comprendre. Comment voulez-vous que cinq ados attardés d'une vingtaine d'années puissent avoir même juste effleuré le début d'un sens à ces textes qu'ils ne devaient même pas commencer à comprendre en les lisant ? On parle de gamins qui étaient tous en échec scolaire. Je ne suis pas sur que l'un deux aurait compris le sens d'une oeuvre comme "Candide". Aucun n'a eu l'occasion de comprendre à travers "les misérables" de Victor Hugo que leur sentiment d'injustice, d'inégalités institutionnelles était l'histoire d'un peuple, le peuple français. Que cette histoire était partagée par une grande partie du peuple français, les paysans, les classes moyennes, les petits patrons, les commerçants, quelles que soient les origines. Que cette histoire n'autorisait pas la plupart de ces petites gens à rêver de chaînes en or, de grosses voitures et de filles à gogo, qu'elle ne les autorisait pas à trafiquer, à braquer, à tuer. Ces petits monstres ne pouvaient savoir cela et d'ailleurs ils s'en foutaient. Leur psycho-pathologie mégalomaniaque les a toujours empêchés de braquer leur regard ailleurs que sur leur petit nombril.

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Leur égo a été blessé. Ils se sont fait pêcho et pêcho à nouveaux. Y a plus rien à perdre. Autant tout niquer. Ces petits monstres voulaient en finir. L'islam n'était qu'un prétexte. On leur aurait vendu comme cause la libération des nains de jardins, ils auraient probablement accepté si cela pouvait parvenir à les réhabiliter à leurs yeux et aux yeux de leurs proches, si cela leur avait donné l'impression de se venger contre la vie. Le voilà le vrai problème : pourquoi ces Greemlins voulaient-ils se venger contre la vie ?
Du rêve américain après minuit...
Conjoncture première : chacun de nos petits greemlins est passé par la case wesh-wesh la famille, représente 93, sisi j'te dis, nique le système. Nos petites cailles avant d'accepter de se faire fourrer de versets du coran, ont tous rêvé de gangsta rap, d'argent facile et de reconnaissance cupide. Merah, les frères Kouachi, Coulibaly et Nemmouche se sont retrouvé dans un premier temps dans l'univers "Gangsta rap".

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Ils ont tous été interpellé pour trafic de stupéfiants ou pour des petits braquages. Tous étaient à ce moment de leur vie en mode grosse berline, survet, baskets, chaînes en or qui brillent, que de pacotilles à la West Coast. Pas un signe rappelant leur appartenance à leur pays d'origine. Le Fish n'Chips a remplacé la semoule de maman. Les Nike Air ont remballé les babouches. Versace, Gucci, Diesel, Grosses merco, BM ou Audi, 50cents et snoop dogg... ont bailloné la 504 Break, Farid El Atrache et Cheb Hasni. D'ailleurs quand ils débarquent au bled pour les vacances, ils se prennent pour des seigneurs de la finance et traitent les indigènes comme des bouseux. Ils ramènent hamsalef d'olives et se voient déjà controlant le cartel de la drogue dans leur téci. Leur morale est directement tirée de Scarface : Money, Power, Respect. C'est assez marrant d'ailleurs de comparer la pochette du dernier album de BOOBA, rappeur malheureusement très connu, avec le visuel de Scarface dont Tony Montana est le héros.

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D'ailleurs ont-ils vraiment tort ? N'est-ce pas là les fondements de nos sociétés depuis 1945 et la colonisation de l'Europe de l'ouest par les Etats-Unis d'Amérique ? Ils nous ont imposé leur modèle économique, cette chose diforme, concept creux dans le sens où son application ne correspond en rien aux théories sous-jacentes qui lui donnent forme. Les Etats-Unis ont une économie basée sur la ruée vers l'or, pas de régle tant qu'il y a la rentabilité à la clef, ils sont au moyen-âge de l'économie. Le Capitalisme Taylorien que l'on nous impose n'a absolument rien à voir avec le libéralisme, avec la liberté et encore moins avec la démocratie. Ce Capitalisme, auquel on oppose le communisme qui n'est en fait que l'envers d'un même dogme foireux, à savoir une économie basé sur la force de travail et la force de production et qui réduit l'homme à du bétail, n'est qu'un prolongement des féodalismes qui ont toujours régné sur terre. D'ailleurs si nous analysons bien la situation actuelle, le capitalisme à l'anglosaxone ressemble à s'en méprendre au communisme le plus Stalinien qui soit : une petite bande de copains jette la même ration de miettes à un peuple asservi par le travail tout en se goinfrant comme des porcs. Je perçois de moins en moins de différence entre le trusting de Gazprom en Russie et celui de Total en France et en Afrique...Ces deux modèles se sont rejoints vers une même réalité : l'exploitation d'un plus grand nombre par un tout petit nombre. L'homme comme du bétail. 

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Le résultat de ce projet civilisationnel est plutôt très bon. Nous sommes 7 milliards d'êtres humains. Le Cheptel humain ne s'est jamais si bien porté. Nous produisons plus de richesses que nous pouvons en ingurgiter. Nous en produisons tant qu'on se paye le luxe d'en jeter la moitié tout en laissant crever de faim l'autre moitié de l'humanité. La civilisation industrielle se porte bien. La force de travail, les forces de production n'ont jamais été aussi performantes. Jamais on a autant rentabilisé l'humain de partout dans le monde. De Moscou à Washington en passant par Pékin et Bruxelles. Voilà le summum de nos civilisations. Des troupeaux d'êtres humains disséminés sur toute la surface du globe qui produisent toute l'année sans jamais s'arrêter, à en asphyxier toute autre forme de vie. Bientôt nous serons douze milliards. De quoi occuper trois planètes comme la nôtre. C'est un beau projet qui ne manquera pas de marquer l'histoire de la terre, ce singe qui devint un virus.
C'est le monde dans lequel nous vivons. Et tous nous subissons les règles que l'on nous impose même si nous savons qu'elles sont souvent injustes. Nous ne prenons pas les armes même si nous savons que nous sommes gouvernés par des escrocs qui nous asservissent.Nous travaillons et nous essayons tous tant bien que mal de nous affranchir des contraintes que l'on nous impose...en gagnant de l'argent. Nous nous sommes résignés à leur jeu absurde, à la ruée vers l'or. Nous rêvons tous de cela. De liberté. Et la liberté dans notre société passe par l'argent. Et dans cette société, il y a de multiples chemin vers la ruée vers l'or. On peut s'essayer à l'excellence dans un domaine et devenir par exemple un loup de Wall Street. Ces gamins auraient eu du mal à s'identifier à Di Caprio ou à Emmanuel Macron. On peut se rêver Bill Gates. Ces gamins ne veulent pas de tronches de premier de la classe. On peut s'imaginer devenir Johnny Halliday...Soyons sérieux, t'imagines un Mohamed avec une banane et un tatouage en forme de coeur frappée du sceau de Zoubida ? Au mieux, on le considérerait en France comme l'Arabe de service. Non leur modèle à eux, ça a depuis longtemps été la culture afro-américaine : La Motown Collection, Marvin Gay, les début du Funk puis du Rap avec Public Ennemy. La société française avait d'ailleurs depuis longtemps devancé leur américanisation à ces enfants. Nos parents n'ont rêvé que de Road 66 et de Zizi Rider. On a vécu les Yéyé, Woodstock et la chasse aux communistes. On a même importé les hooligans et autres Skinheads anglosaxons. Luc Perry n'est que l'analogie d'Hugo Boss comme deux bandes de Hooligans qui s'opposent au Parc des princes. On a importé George W.Bush et son 11 septembre 2001 en permettant en 2002 à Jean-Marie Le Pen d'être présent au second tour de l'élection présidentielle et en faisant la courte échelle à Sarko pour grimper sur le trône en 2007. Sarko lui même se prenait pour un américain, admirait Bush et s'inspirait du modèle de société voulu par les faucons d'outre-atlantique. Il n'a pas hésité à importer ce choc des civilisations qui empoisonne notre vivre ensemble depuis ce jour douteux qui a permis à l'empire américain de presque boucler leur tour du monde d'une colonisation qui ne dit pas son nom.
Pourquoi donc nos gamins des cités ne rêveraient pas eux aussi de ruée vers l'or ? La principal activité qui a été la leur et qui ne coûte pas une tune, c'est la télévision. Allumez votre télé et tentez d'échapper plus de 10 minutes à ce besoin frénétique, cette envie d'argent, de possession.. Même lorsque des sujets sérieux sont abordés, c'est encore pour vendre des livres et des personnalités au grand public. Tout est à vendre. Tout doit partir. Et on doit tout acheter pour exister. Pour être libre. Leur chemin à eux, à ces Greemlins, c'est celui qui, à leur yeux, correspond le plus à leur histoire de gamins des cités issues de l'immigration, c'est celui des black panthers, celui des afro-américains. Ils aiment à se raconter qu'on a emmené leurs parents de force en France en asphyxiant leurs pays d'origine pour les parquer dans des cages et les exploiter pour une misère. Ce n'est pas tout à fait faux...mais c'est très loin d'être vrai. Mais cela légitime à leur yeux leur rancoeur patriotique, leur haine de la France.
Nous n'avons pourtant jamais subi ce que les africains ont subi durant 400 ans. Mon père n'a pas été emmené dans un négrier. Il n'a pas été vendu au marché aux esclaves. Nous ne sommes pas tirés comme des lapins par la police sous prétexte que l'on est noir. Et pour tout dire même si la cité, c'était pas trop le confort il est vrai, on avait un logement pour trois fois rien. Ce qui a permis à ma mère et à d'autres bledards de finir par évoluer et d'habiter aujourd'hui des quartiers résidentiels voire des maisons ! Nous n'avons pas vécu le millième de ce qu'ont vécu les afro-américains malgré la colonisation. Ces gamins se font un film à travers Scarface, à travers le rap, à travers les film de gangsters afro-américains tel "Menace To Society". Je vous invite à regarder ce film du début des années 90 et à le comparer à ce reportage sur le rap français et sur la violence des cités, le cercle de la haine, et vous comprendrez d'où vient cet imaginaire.

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Le seul lobby qui s'offrait à ces gamins trop ambitieux, c'était leur communauté, leur tiéquar. Leur modèle, c'est Al capone, c'est le parrain. Ce n'est pas par l'école ni même par le sport qu'ils se voient parvenir en haut de l'affiche. C'est par la violence, par les armes et le marché noir. C'est un scénario palpitant pour eux et une identité qui correspond au mépris qu'ils aimeraient renvoyer à cette France qui n'a pas été à la hauteur de leur ambition, à cette France qui les méprise. 
Bien sur, ils finiront en prison mais c'est le prix à payer beaucoup estiment. Je me rappelle un gamin qui avait quinze ans et qui m'expliquait plein de complicité alors que j'étais son professeur, qu'il allait Bicrave, cinq, dix ans, qu'après ils ferait 2, 3 ans de placard avec les remises de peine et que pendant ce temps il aura mis deux ou trois cents mille euro de téco au minimum, plus que ce que je pourrais épargner durant toute ma vie dans l'enseignement. Le pire est qu'il n'avait même pas tort. Sa stratégie était en tout cas plus rentable et plus crédible que celle de tous ces diplômés du quartier qui travaillent dans un Kebab avec un Bac+5 en poche. La prison n'est pas un problème d'ailleurs. Leur mode de vie s'y adapte bien. Chambre de 9m2 à plusieurs, télévision en continu, promenade dans la cour, baston...C'est un peu comme au quartier finalement.
Non le problème est de savoir comment on explique tout cela aux darons quand on sort de prison, comment on explique cela aux grands frères. Comment regagner le respect sans montrer de faiblesse ? La fierté. Le voilà le problème. Regardez le parcours de nos cinq affreux et vous constaterez qu'ils se sont tous fait prendre sur des délits mineurs voire risibles comme pour Mohamed Merah, condamné pour avoir agressé et braqué une vieille ! Comment ensuite se réhabiliter auprès de sa mère, de son père, de ses potes du tiéquar ? Le pire est que si on voulait prendre le Jackpot, c'étais justement pour montrer à sa mifa qui on était, c'était pour résoudre tous les problèmes de sa mère, de ses frères comme un seigneur, d'un geste de la main qui ostensiblement jette une bourse...Ce thème est d'ailleurs récurrent chez tous les rappeurs : aider sa mifa. On voulait être un grand braqueur et on se retrouve en zonzon pour avoir braqué le sac d'une vieille dame...L'archouma ! 
L'islam, le voilà le salut, la prochaine étape, celle qui permettra de surmonter sa propre image, de regagner de la fierté, son amour propre. L'islam pour amour propre, pour mieux oublier ce que l'on est, pour mieux s'oublier dans un destin collectif, pour mieux renier la vie et se donner à la mort, fier et con vaincu ! Là encore, ce parcours est un classique de l'univers afro-américain. Malcom X devint Musulman en Prison, tout comme Mohamed Ali, tout comme Mike Tyson et tant d'autres encore. Le marketing communautaire américain a toujours su se déversifier pour toucher différentes cibles clientèles. Dans les année 60 aux Etats-Unis on parlait de Nation de l'Islam et de Black Panthers. Aujourd'hui il est question d'Al quaïda et de Djihad. Mais le chemin est le même.

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Dès les début de ce produit marketing identitaire, le lien entre gangsta rap, prison et Islam fut un modèle économique et un parcours de recrutement pour les business men des minorités indigentes. Dès ses débuts, le rap US défend ses frères en prison et l'Islam comme religion originelle pour les afro-américain. Les inventeurs du rap, les "Last Poets" soutiennent les Black Panthers et entremèlent dans leur texte la misère, le désir d'argent et de pouvoir, la prison et l'Islam comme seule issue.
Ce business est aujourd'hui comme nous le savons très florissant. Le Rap made in USA a essaimé en France à l'instar du Rock, des Yéyé et de Johnny Halliday. Il nous reste plus qu'à espérer que l'on ne produise pas trop de Kouachi, de Merah, de Coulibaly et de Nemmouche...Comment s'en assurer ? Commençons par envisager comment s'effectue cette métamorphose...
Du suicide philosophique au suicide terroriste tout court...
Nos Greemlins ont toujours été des hédonistes. Ils voulaient jouir de la vie plus que tout le monde. Il voulait de l'argent facile sans travailler, jamais, ils voulaient de belles maisons, de grosses voitures et surtout une belle brochette de tassepé. Ils voulaient le beurre, l'argent du beurre et le cul de la laitière. Pourquoi accepteraient-ils les mêmes règles foireuses que les autres pour une vie si ennuyeuse ? Autant vivre pleinement, à pleine dents et chichement. Dans la bouche, pas de cuillères en Argent ? On va faire mouche et braquer du clinquant ! Ils n'ont réussi qu'à se cribler de dettes, à s'en résoudre à braquer une petite vieille comme Merah ou une supérette comme Nemouche pour se refaire. D'où vient leur ambition débordante ? Cela contraste totalement avec la piété qu'exigerait d'eux un engagement sincère dans l'Islam. L'expression "passer du Coq à l'âne" n'a jamais trouvé une aussi belle illustration sociologique. Cela est assez évident à mettre en relief et d'ailleurs je n'aurais aucun mal à accompagner mon explication sur leur lien avec l'Islam avec des clips de groupes de Rap...Nous avons d'ailleurs en France la chance d'avoir un témoignage vivant de ce phénomène qui voit des vies successivement passer par le rêve de gloire, l'envie de suicide puis un Islam sans concession : Diam's qui a été la rappeuse la plus connue jusque là et qui avait un succès certain. Elle explique comment alors qu'elle était au sommet de sa gloire, dépressive jusqu'au suicide, elle est rentrée dans l'Islam. J'ai beaucoup de considération pour cette femme car au-delà du dédain et des a priori qui tentent de la dénigrer, elle démontre une intelligence et une sensibilité rare. Elle est d'ailleurs aujourd'hui la personne la plus compétente pour expliquer ce processus. Au contraire de ces gamins, elle a su admettre sa détresse affective, son mal être et sa religiosité en est belle. Elle pourrait amener énormément à nos gamins des cités, burqua ou non. Elle ferait un très bon imam.

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Car ces gamins n'ont jamais su exprimer quelconque sensibilité, ils se définissent comme des durs, comme des warriors. Ils n'ont jamais appris à pleurer. Ou plutôt, on leur a appris à ravaler leurs larmes. Ils sont fiers à entre être mégalo. D'où leur vient donc cette mégalomanie pathologique ? Elle vient de leur parcours familliale. Leur misère était avant tout affective et sociale avant d'être matérielle. La France n'y est pour rien si ce n'est qu'elle ne sait pas protéger les enfants de leurs parents, qu'elle ne sait pas protéger les femmes de leur mari, quel que soit le milieu considéré. La Barbarie de Charlie est directement à mettre en lien avec le droit de la femme dans les cités ! C'est peut-être même le problème central : le droit des femmes. Merah était le dernier d'une famille qui vivait dans la misère, le stress et surtout la violence. Nemmouche était le dernier d'une famille qui vivait dansla misère, le stress et là encore la violence. Les frères Kouachi ont vu leur père les abandonner à une mère qu'ils finiront par retrouver morte. C'est dire le stress, la misère et surtout la violence. Chacun de ses 5 Greemlins sont passés par les services sociaux et par les foyers. Chacun de ces 5 Greemlins ont précocemment été pris en charge par la justice. Attention, je ne fais aucune corrélation automatique entre une enfance malheureuse et un devenir quelconque. Je crois trop au libre arbitre, à la résilience et je connais tellement d'enfance malheureuse qui vivent pleinement leur vie, plein de Cosettes qui n'ont pas fini Thénardiers...Là encore, un rappeur exprime cette réalité mieux qu'on ne pourrait le faire. Il s'agit de Joey Starr qui dans son morceau "Ma gueule de métèque" exprime la détresse dans laquelle la société l'a laissé face à son père, face à la violence de celui-ci....Là encore le société française a préféré renvoyer son mépris alors que Joey Starr, qui a toujours dit faire partie du problème et pas de la solution, explique depuis 30 ans ce qui était en train de se passer. Là encore aurait-il fallu lui prêter une intelligence certaine et aiguisée plutôt que de mépriser la violence dont il témoignait.

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En biologie nous avons un modèle pour expliquer ce que le stress peut générer dans une population d'individu dont la survie est précaire. On s'amuse par exemple à mettre des tétards sous la menace de larves de libellule, redoutables prédateurs. On voit alors que le stress fait sortir les membres plus tôt, brade la croissance pour un développement précoce. Ca donne du muscle plein de nerf. Ca fait des individu tout sec mais très fort. Surtout lorsque vous considérez l'environnement concurrentiel. Prenez une fratrie de tétard et trempez les dans une flaque boueuse...Au bout de quelques jours, ils se mangent entre eux pour s'assurer d'être celui qui de la fratrie survivra. Prenez la même Fratrie et disposez les dans une vaste mare. Les tétards prennent tout leur temps pour se développer, ils sont bien dodus et donnent des grenouilles qui mangent de la salade, dignes de Georges Blanc. Le stress induit la violence. La violence induit le stress. Voilà comment on transforme un chien qui se mord la queue en bombre humaine. Quand vous grandissez dans un F5 à 8, 10 ou 12, que vous entendez le voisin du bas pêter et que à l'instar de vos voisins, de tant à autres, lorsque le père a perdu l'argent qui restait au PMU ou qu'il a tombé une bouteille de Sky et ne parvient plus à contenir ses frustrations, sa violence, que la mère sert de défouloir...Toi petit, tu as peur. Peur que ton père tue ta mère. Ou l'inverse. Peur que les services sociaux te séparent de la seule communauté qui est la tienne, ta famille, tes frères, ta mère ! Peur que les flics embarquent ton père et le foutent en taule pour le côté barbare de sa répartie conjuguale. C'est le père ! Attention ! Les droites avec les chevalières, c'est rien...Les fois, pas si nombreuses, où il rentre d'un quinté à 1 million d'euros qui lui est passé entre les doigts, ou d'une biture au label 5 avec ses Srabs, et qu'un peu emporté, il défigure l'un d'entre nous, au hasard, un peu comme au quinté...C'est pas si grave ! C'est le père ! Attention ! Bien sur, c'est juste une question de sensibilité...Mais la sensibilité, ça s'éduque, c'est pas innée. Où plutôt si, ça l'est un peu innée...Dans une flaque de boue, t'es moins détendu que dans une mare. Les propos que je tiens à l'instant sont tabou. C'est même presque une offense. Mes frères vont m'en vouloir. Mais je m'en fous. Parce que, c'est la simple vérité. Et qu'à titre posthume, je leur dois, à ces poètes lumineux que l'on a trucidé, ce brin de vérité. L'histoire des frères Kouachi, de Coulibaly, de Merah et de Nemmouche, c'est l'histoire des droits de la femme, des droits de l'enfant...Si je me suis mis à écrire, c'est pour un jour pouvoir témoigner de ma mère...C'est là le seul objectif de ce temps que je perds à parler tout seul. J'aurais pu être un Kouachi ! Je suis Charlie ! Et pour moi ce n'est pas qu'une expression...mais j'aurais pu être Coulibaly. J'avais la même violence en moi, la même colère, la même rage...Et puis...Je crois que j'étais un peu suicidaire....Suicidaire...Suicidaire. Là voilà la transition. Le suicide. Comment accepter la vérité de ce qu'est sa vie ? Comment reconnaître que ses problèmes sont dus à soi, à son père, ni à la France et à ses vices, ni aux femmes et à leurs vices, ni au hasard et ce cheval qui traîne la patte, ni aux abeilles, même pas aux paquerettes ? Comment reconnaitre que l'on a été con en mettant une gifle à ce petit bout de femme à laquelle on arrive pas à dire "je t'aime", "Pardon", "J'ai été con !" ?...Comment ravaler sa fierté ? Ce serait reconnaître que le patriarche a peut-être eu tort en se comportant comme un mufle ! Peut-être que c'est contre soi-même que devrait se diriger cette colère qui nous ronge ? Peut-être que c'est vers son père que devrait être dirigée sa colère, sa rancoeur, sa rage...Mais cela est impossible : C'est le père ! Et puis la mère l'a peut-être un peu cherché : quelle idée d'être une femme ! Et puis si elle était pas contente, pourquoi elle ne s'est pas enfuie ?
Parce que l'Etat français laisse les mères célibataires crever la bouche ouverte et que nombreuses sont les femmes qui n'ont pas d'autres choix que les coups quotidiens ou la misère pour femmes et enfants. De manière un peu schématique, voici le conflit cognitif tel qu'il se déroule dans la caboche de nos apprentis prophètes en miettes. Ce dilemne affectif qui devrait pousser une part de ces gamins à tomber dans la caricature Oedipienne, les rassure dans leur médiocrité. Et malgré leur enfance, ils auront un modèle : le père. Et c'est eux qui porteront la culotte, comme un daron ! Bien sur, ils feront de la merde, ils ne travailleront pas, ils boiront, ils joueront mais ce sera eux, les bonhommes ! La femme, elle ferme sa gueule. Et l'Etat français de même ! Et comme le daron, y aura qu'Allah au dessus ! Allah ! Un bon prétexte, déjà...C'est d'ailleurs assez intéressant de voir dans les clip de rap comment les mêmes qui vont faire de la burqua pour les femmes une valeur incontournable, exhibent vulgairement dans leurs clip des femmes en string avant de se prendre pour des "musulmans songés"...La Fouine, rappeur français très en vue, est le meilleur exemple de cette schizophrènie dont le centre de convergence est le rêve américain en cela qu'il propose deux identités qui correspondent à leur fantasmagorie, le Gansta Rap et Al Quaïda, deux produits du marketing communautaire à l'américaine. La Fouine explique d'ailleurs clairement comment il passe de l'un à l'autre, le plus naturellement du monde :

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Quand tu as grandi dans cette ambiance et que comme Kouachi, comme Merah, Comme Nemmouche, comme Coulibaly, la réalité qui est celle de ton environnement proche dont tu es nécessairement solidaire, que cet environnement t'est impossible à remettre en cause, tu te retrouves dans cette impasse que Camus décrit mieux que personne dans "Le Mythe de Sysiphe", tu es face au suicide philosophique. Après t'être pris pour Al capone et te retrouver en zonz pour le braquage d'une petite vieille, quels choix s'offrent à toi, fier, plein de rancoeurs et de frustrations ? L'Islam. L'Islam, non pas comme spiritualité mais comme exutoire. Comme d'autres suicidaires retrouveraient le goût de la vie à travers l'art, le sport, l'amour. Dans la religion musulmane, on appelle cela le Tawhid. C'est la formule magique. Quoi que tu ais pu faire, si tu te repentis, si tu reconnais qu'il n'y a de dieux que dieux et que tu te soumets à Allah, le paradis te sera promis. Le pardon. Obtenir le pardon. La France ne pardonne pas. La prison ne pardonne pas. La société ne pardonne pas. L'Islam pardonne. La voilà la vérité. On s'est détourné de sa vraie culture, de ses racines. On est tombé dans le vice, l'argent, le sexe comme un petit français, un koufar. C'est pour ça qu'on est tombé...Il existe de nombreux petits livres effrayants de bêtises et qui détournent totalement le message de l'Islam mais que nos Greemlins affectionnent particulièrement car ils s'y retrouvent.
En devenant musulmans, ces greemlins peuvent s'exonérer, plein de convictions, de leurs comportements, de leurs violences, de leurs responsabilités centrales dans les galères qu'ils ont pu vivre. Mieux, la fierté est retrouvée ! Tête haute, sûre de son fait, on s'exhibe dans la cité en clamant à haute voix que l'on a tout compris. On se rend au djemar tous les jours pour montrer toute sa grandeur. Certains même rentrent dans un conflits encore plus violents avec leurs familles. Ils font à nouveau subir à leurs parents cette crise d'ado qui ne veut pas s'arrêter. Car il ne faut pas se méprendre. Ces greemlins sont français. Ils sont nés en France. Et leurs parents n'ont pour une grande majorité jamais compris, ni accepté leur comportement. Leurs parents ont travaillé toute leur vie pour simplement assumer leur famille, payer le logement et la nourriture. Une fois par an, passer ses vacances au bled et revoir la famille, c'étais là le seul plaisir onéreux qu'ils s'octroyaient. Voir leur progéniture se la jouer gangsta rap à l'américaine, boulimiques de signe de reconnaissance extérieur, de marques et autres propagandes commerciales, puis ensuite, trop fiers pour demander pardon, pour reconnaître qu'ils ont eu tort de ne pas les écouter et d'aller travailler, se prendre pour des messagers du prophète qui même se permettent de remettre en cause leur comportement, à eux, leurs parents. Leurs parents, eux, enfants de petits paysans du maghreb qui se sont toujours enorgueillis de s'agenouiller devant la grandeur de ce dieu en se pensant profondément comme des petites choses...
Ces greemlins ne veulent pas se lever le matin pour un SMIC. Eux, ils veulent de l'argent sonnant et trébuchant sans se prendre la tête. Ils ne veulent pas faire le mouton comme les autres. Ils ne le voulaient pas quand ils étaient à l'école. Ils ne le voulaient pas quand ils ont pris leur premier job. Ils veulent plus, beaucoup plus. Ils veulent faire un coup. Un gros coup. Un PMU à 800 barres, un Rapido millionnaire ou mieux encore, le rêve : un Brink's ! Ils se font la main sur une vieille dame comme Merah ou une épicerie comme Nemmouche. La prison fait partie du parcours. Mektoub. Mais au fond d'eux, ils savent qu'ils n'ont fait que creuser leur trou depuis ce jour où il leur est passé par la tête, qu'eux, auront un destin différent. Ils le savent mais ne parviennent pas à l'assumer. Demander pardon à ses parents, demander de l'aide, pleurer...pleurer ? Autant mourir. Ces greemlins sont suicidaires avant de devenir musulmans. Ils sont terroristes avant de rentrer dans l'Islam. En finir... et en plus avec les honneurs. Mourir en martyr, n'est ce pas le beau plus pied de nez que l'on puisse faire à ce pays qui a concentré toute son énergie à vous détruire. Mourir en martyr comme pour hurler que l'on est une victime de ce système, qu'on est pas responsable de cette vieille ou de cette épicierie que l'on a braquée . C'est du pain bénit pour les prédicateurs qui enrôlent nos gamins des cités. Ou plutôt des bombes humaines toute prêtes. 
Et c'est là qu'encore une fois je ne peux qu'être accablé par la médiocrité intellectuelle dans laquelle nous suffoquons. On ne fait que parler de l'Islam, d'immigration, de cité en mettant encore et toujours le marketing communautaire au centre de nos discours alors que la pathologie qui nous guette et qui ne va pas tarder à se répandre telle une pandémie, est une pathologie d'ordre psychatrique, qu'elle n'a rien de spirituelle. Que d'analyses à l'emporte pièces, d'explications fumeuses et d'invectives stériles ! Des gamins importent à travers leurs pyschoses le conflit Israelo-Palestinien, le 11 septembre et Ben Laden, la guerre en Afghanistan, conflits internationaux, qui concernent avant tout les Etats-unis, auxquels ils ne comprennent absolument rien, mais dans lesquels, ils peuvent projeter le conflit intérieur qui les bouffent. Ce monstre narcissique et bourré d'un orgueil explosif qui quel qu'en soit le chemin finira par les tuer, par un braquage ou suite à un voyage d'embrigadement . Et depuis le 07 janvier, on voit sur les plateaux télé, tous nos intellectuels et hommes politiques venir bricoter sur l'Islam. Un peu simple pour ne pas dire simpliste. Manuel Valls qui dénonce l'apartheid alors qu'il en est le principal promoteur de ce marketing communautaire à travers le libéralisme à l'anglosaxone et la mise en avant des communautés qu'il promeut depuis qu'il est premier ministre, vient même d'institutionnaliser un néologisme qui dit tout de l'incompétence et surtout de la médiocrité intellectuelle dans laquelle pataugent nos élites : Islamo-Fascisme...Mort de LOL ! Nous pourrions parler ici de débilo-populisme. 

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J'ai déjà expliqué dans le volet précédent de cette série en hommage à Charlie, "Les commanditaires" qu'en jouant à celui qui avait la plus grosse, en rentrant dans ce jeu des bannières PSG VS OM, en participant à ce marketing communautaire, en donnant un nom au camp d'en face, à l'équipe concurrente, nous ne faisions que donner à ces gamins ce qu'ils recherchent. Mr Valls les appellent "Islamo-Fasciste", dès demain ils palabreront sur ce mauvais mot, irresponsable, et se convainqueront les uns, les autres qu'on déclare la guerre à l'Islam...et donc qu'on leur déclare la guerre. C'est comme cela que Sarkozy a été élu...Vous faites donc acte de candidature à la présdientielle Mr Valls ? Cela est un peu précoce, n'est-il pas ? Quoi qu'il en soit à force de mimer Nagy Bocsa dernier, vous risquez le populo-crétinisme qui vous fera faire le grand écart entre Abou Dhabi et le département du Doubs...La méthode Bush pour se faire élire a vécu et comme nous le constatons avec Charlie, le résultat est une belle busherie. Si vous pouviez dès 2017 faire acte de candidature pour Goldman Sach, Monsieur Valls, nous vous en serions gré...En admettant que votre saillie débile est l'oeuvre d'une réelle incompréhension et d'une incompétence non moindre, j'accepte d'éclairer votre lanterne : votre Islamo-Fascisme est le reflet parfait de la manière dont se définisse ces Greemlins. Ils se dénomment eux-mêmes Islamo-racaille et désirent la confrontation encore plus que vous Mr Valls. Là encore le rap illustre à merveille ce propos. Un rappeur qui est "The Rappeur" du moment, très bon business man, qui se fait appeler du nom de la ville érigé par Mahomet, Médine, a d'ailleurs anticipé votre propos que je trouve encore plus débile que le sien. Il se dénomme lui-même Islamo-racaille et sera probablement flatté de la dimension politique que vous prêtez à son concept...Se retrouver en dialogue avec le premier sinistre ! Ca va faire vendre ! Tant que nous aurons des élites aussi médiocres, nous ne pourrons endiguer ce virus de la bêtise collective qui pollue notre environnement quotidien. Dans son clip "Don't laïk", il nous donne une vision très claire de la représentation qu'il se fait de la laïcité. Une laïcité de combat. Une laïcité dans laquelle chaque lobby impose ses lubbies à tous les autres. Une laïcité concurrentielle. Un marketing communautaire comme on le voit aux Etats-Unis. Ce rappeur démontre très bien qu'il recherche à travers l'Islam comme il recherche à travers le rap et l'oseille, de la reconnaissance, une représentation de ce qu'il pense être sa communauté...Ce qui en soi est un paradoxe puisque la laïcité, concept Made in France a justement pour vocation d'ériger une communauté nationale qui tairait les intérêts particuliers et communautaires. Et surtout cette conception de la laïcité souffre de ce qu'est la réalité en France. N'en déplaise à Médine et aux autres prédicateurs du communautarisme, l'injustice et l'inégalité en France concerne tout le monde et non seulement les cités et/ou les immigrés. La misère institutionnelle touche les paysans, les artisans, les commerçants, les classes moyennes...une grande partie du peuple français. Il n'y a aucun apartheid, n'en déplaise à Mr Valls. Où si il y en a un : la cour du roi d'un côté et le reste de la France de l'autre. Pour se rendre compte de cette réalité que vit la communauté nationale, faudrait-il que nos gamins des cités cessent de regarder leur nombril dont la profondeur ne permet surement pas d'aborder les profondeurs de quelconque spiritualité. Medine démontre mieux que j'aurais pu l'espérer la pertinence de cet article. Ses visuels suffisent à démontrer l'évidence de ces corollaires que je m'essaie à démontrer.

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L'Islam comme je viens de le démontrer n'a rien à voir avec ce qui s'est passé à Charlie Hebdo, ni à Copenhague. Ces greemlins brûlent ce qu'ils ont adoré. Ils veulent brûler cette Amérique que la France leur vend et qui les faisait rêver, ils veulent brûler ces dollars qu'ils ont adorés. Car ils ont été incapable de brûler cette représentation du père qui a fait le nid de la fatalité dans laquelle ils se sont cloîtrés dès leur plus jeune âge. Ils se rêvaient grands footballeurs, rappeurs incontournables ou champion de free fight et ils se sont retrouvés, gueules cassées, braqueurs de petites vieilles... Naturellement, gamins désirant des Nike Air max, du Diesel et de la grosse voiture, ils ont vite été attirés par les petites bricoles, celles qui te permettent de fumer à l'oeil en fourguant un peu de Shit ou en revendant des phones tombés du camion...Mais l'argent appelle l'argent et quand en plus, c'est aussi facile. Ils en ont donc voulu plus...jusqu'à se faire pécho. Durant tout ce temps, nos soi-disant musulmans n'ont jamais même prêté attention à Dieu. Un p'tit Hamdoullah par ci, un p'tit Walalh par là, et cela leur suffisait à se sentir muslim. Les Kouachi et les Coulibaly se sont tous trois fait arrêter à l'âge de 19 ans pour des délits mineurs qui étaient avant tout des petits péchés de cupidité, des agressions ridicules pour des sommes d'argent ridicules...Rien de très radicalement musulman là-dedans. Leur conversion éclair s'apparenterait presque à de la schizophrénie tant elle paraît fulgurante. Et c'est bien là de la schizophrénie. Car ces Greemlins ont été incapables de se rappeler ce petit Guizmo qu'ils ont pu être avant de comprendre qu'ils n'étaient pas tombés dans le bon nid. Ils se sont inventés tour à tour des personnages pour ne pas voir ce qu'ils étaient avant tout : des oisillons trop tôt condamnés qui sans aide extérieure finiront comme des pauvres types. Ils ont refusé l'aide extérieur, trop fiers ! Ils ont refusé l'aide de l'école, des assistantes sociales et parfois même de leur propre mère. Ils ont refusé cette possibilité que peut-être leur problème se logeait en eux, dans leur petite tête, dans ce foyer qu'on appelle sa famille...Et de leur misère, ils ont décidé d'en faire un businness, un combat, un chemin de croix....jusqu'à en mourir s'il le faut.
Et si nous souhaitons endiguer cette pandémie, il va nous falloir agir de manière un peu plus subtile que ce que font nos élites, hommes politiques, média et intellectuels présumés qui se regarde disserter sur les plateaux télé. Car des gamins dans ces états suicidaires, il y en a quelques-uns en France si l'on considère tous ces microcosmes dans lesquelles on enferme les misères humaines entre elles. Et les organisations armées contre lesquelles, rappelons-le, nous menons des guerres en Afghanistan, en Irak et en Syrie, ces organisations se voient servir sur un plateau un véritable arsenal de guerre sur notre propre territoire. Alors plutôt que de continuer à prétendre réformer l'Islam de force comme le préconise beaucoup de nos intellectuels et de nos dirigeants politiques alors qu'ils ne parviennent pas à réformer les nombreuses conneries qu'ils débitent depuis tant d'années, il va nous falloir réfléchir à comprendre comment combattre ce virus qui menace notre environnement proche. L'identifier et trouver l'antidote...J'ai bien modestement quelques idées...
Réinvestissons dans les services sociaux et donnons leurs les moyens d'intervenir dans les familles où la violence n'est plus acceptable. On a supprimé de nombreux postes d'assistantes sociales, d'éducateurs spécialisés et de psychologues scolaires. Ces professionnels travaillent à la chaîne et sans avoir au final les moyens d'intervenir lorsqu'ils décèlent des problèmes sérieux. Aidons les mères célibataires. Qu'une allocation spéciale leur soient octroyée pour qu'elles puissent élever leurs enfants dans des conditions décentes. Mieux : incitons les mères de famille à quitter la violence conjugale en promulgant une loi très sévère à l'encontre des maris et des pères violents. Violence conjugale que l'on rendrait passible d'emprisonnement et en fournissant un accompagnement matériel notamment à toutes ces femmes qui rêveraient de fuir les violences physique et verbale de leur mari. Voici pour l'aspect des politiques familliales. 
Pour ce qui est de l'école et des cités, il en est de même : que de sottises entendues ! Ce n'est ni l'école en soi et encore moins les professeurs que l'on a laissés en première ligne, leur demandant de régler les problèmes sociaux, les problèmes familliaux, de faire de la psychiatrie et de l'antiterrorisme tout en apprenant le B.A.B.A à ces gamins. Rien de tout ce qui a été avancée comme explication n'est responsable de la barbarie qui a eu raison de Charlie. Il y a bien un problème avec l'école mais celui-ci ne touche en rien les professeurs. Nous avons tous eu des bons et des moins bons, voire de mauvais professeurs et nous nous en sortons pas trop mal pour la plupart. Le problème de l'école est simplement géographique. Fermons toutes ces écoles que l'on a emmuré au milieux de tours insondables. Lorsque j'étais dans mon quartier, si je sortais le nez par la fenêtre Sud, je pouvais plonger mon regard dans la cour de l'école primaire. De l'autre côté, je pouvais distinguer qui rentrait dans mon collège. Dans l'école, dans la cour comme dans la classe, nous étions chez nous ! Nous étions au quartier ! Alors l'autorité des profs ? Mort de LOL. Des sparring partners, les profs. Je suis même surpris qu'il n'y ait pas plus de boulette collective sur les enseignants des cités. Ils nous disent "fais pas ci", "fais pas ça" sinon je te mets une heure de colle. Mort de LOL. Une Heure de colle ? Mon daron quoi qu'il arrive m'en collera une bonne dans la tête. Alors ton heure, tu peux...Une sensibilité, ça s'éduque. L'ultra-violence aussi. Ces gamins restent entre eux enfermés dans ces écoles, enfermés dans leurs cités. Tous ont peu ou prou les mêmes problèmes familliaux, les mêmes trauma. Comment voulez-vous qu'ils éduquent quelconque sensibilité. Même nos adolescentes ne peuvent exprimer aucune sensibilité féminine dans ces cités, aucune tendresse, aucune douceur. Elles deviennent elles mêmes des cailleras. Et quand tu rentres pas dans le rang, tu es considéré comme une tapette, un gouerron, un kouffard. J'ai été de ceux, plus nombreux qu'on ne le pense, qui refusaient de rentrer dans le rang. J'ai appris à pleurer. J'ai développé une sensibilité, une tendresse, une douceur même si j'étais moi aussi capable de faire le greemlins. Résultat : les gamins avec lesquels je me suis le plus battus sont ceux avec lesquels j'ai grandi ! Bizarremment, j'ai été heureux de l'injustice dont j'étais victime et qui m'a vu me faire renvoyer définitivement de mon collège en troisième. J'ai ainsi pu évoluer dans un établissement loin du quartier, à la campagne. J'ai ainsi pu commencer à laisser ma sensibilité s'exprimer. J'ai appris à pleurer plutôt que de taper.
Un autre élément capital tient aux valeurs que nous communiquons à nos enfants à travers les médias ainsi qu'à travers nos élites. Beaucoup de ces gamins n'ont jamais pensé qu'on pouvait être heureux sans devenir une star, sans être plein au as. Combien de famille je vois déchirée car elles ne savent pas se contenter de ce qu'elles ont, parce qu'elles s'endettent jusqu'au cou pour posséder des signes extérieurs de richesses comme une grosse berline allemande. Combien de père je vois jouer au quinté tous les jours alors qu'ils seraient capables à travers leur travail d'accéder à un salaire honnête qui leur permettrait d'avoir une vie certes simple mais potentiellement heureuse. Les premières fois où j'étais invité dans des familles de "français" comme on dénommait gamins ceux qui ne vivaient pas en cité, j'étais admiratif de leur simplicité, de leur sens de l'économie, de leur rigueur budgétaire, de leur lutte contre les gâchis. Ils n'avaient guère beaucoup plus d'argent que ma famille mais ils savaient mieux s'en contenter. L'histoire des Kouachi et de Coulibaly est un peu l'hsitoire de la cigale et de la fourmis avec le sang en plus. Deux solutions d'urgence s'impose pour enrayer ce problème :
-augmenter les salaires et de manière sérieuse car vous ne donnerez pas envie à ces gamins de chercher un travail si c'est simplement pour les laisser espérer ce à quoi vous réduisez le peuple français : s'usiner toute l'année pour pouvoir au mieux s'endetter. Ces gamins sont lucides, ils ont vu leurs parents s'esquinter toute leur vie pour n'avoir au final que des contentieux financiers. Le travail est un grand mérite. Le problème est que ça se voit de moins en moins. Et c'est de pire en pire. Attendez-vous d'ailleurs à voir de plus en plus de jeunes à la recherche de solutions alternatives.
-Légaliser le cannabis dans les plus brefs délais et autoriser le travail dès l'âge de 16 ans au moins pour que les gamins, nombreux, qui ne veulent pas tomber dans les trafics puissent malgré tout se débrouiller pour se vétir, sortir et avoir quelques loisirs. Ce sera là le thème du prochain volet consacré à Charlie Hebdo : Légalisation ou fatalité sociale...
En attendant, plutôt que de se méfier des musulmans, de rechercher des potentiels victimes de l'Islam Radical, de l'Islamo-fascisme cher à notre Vallso-Sarkoziste, il serait urgent d'envoyer une armée d'assistante sociale, d'éducateurs, de psychothérapeutes pour déceler ces gamins qui n'ont même plus peur de mourir, déceler tous ces suicidaires potentiels qui quelle qu'en soit la raison avancée, finiront par nous exploser à la figure....
Jean Mohamed De La Bastille.