mercredi 27 juillet 2016

Je vous pardonne

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/je-vous-pardonne-183252


Jésus parla en ces termes :
« Quand j’étais sur la croix j’ai dit ces paroles, et je vous les redis maintenant : je vous pardonne, toi mon frère Melvin et vous tous mes frères et mes sœurs qui avez péché contre votre Dieu. C’est sur la croix que j’expiai vos fautes. En mourant dans de grandes souffrances, j’ai pu payer le prix de toutes vos offenses envers votre Père céleste et envers moi, son Fils. Ces gens m’ont torturé, battu et insulté de maintes façons. Je portai ma croix jusqu'à l’endroit où ils allaient me crucifier. Ils m’étendirent sur cette croix et enfoncèrent de gros clous dans mes mains et mes pieds, me causant des douleurs atroces. Du sang coulait de ces blessures et tombait sur le sol. Je restai suspendu à la croix environ trois heures, puis j’expirai. En mourant ainsi, j’accomplissais mon sacrifice total pour votre salut.
Venez, mes chers amis, contemplez-moi suspendu à la croix. C’est vous qui auriez dû être là sur la croix, puisque c’est vous qui aviez péché ; mais j’ai pris votre place. Je vous aime tous »


Jean Momo qui cite Jésus, on aura tout vu. Je ne suis pas croyant. Pour tout dire, je ne goute guère aux religions et autres bondieuseries et ce que j'aime par dessus tout en France, c'est que l'on a su dire, comme dans très peu de pays, merde au curé, à l'imam ou au rabbin... Enfin, c'est de moins en moins le cas, malheureusement. 
Mais il me semble que le plus belle hommage que l'on puisse rendre à mes yeux, les yeux d'un enfant issu de l'immigration maghrébine et des banlieue, enfant de la France, mal à l'aise avec la guerre déclarée envers la France, envers nos frères, envers notre pays, envers l'église qui embellit et donne son identité à tous ces magnifiques villages qui peuplent cette contrée hexagonale... Le plus bel hommage, à mes yeux, est d'expliquer à ces décérébrés qui auraient à nouveau l'idée de s'en prendre à une église et à un prêtre qui offrait sa vie aux autres, ce que ce prêtre exemplaire aurait eu à leur dire : je vous pardonne mes enfants.
Je vous pardonne. Je vous pardonne car c'est là est mon rôle, c'est là mon chemin de croix. L'humilité de ne point vous juger. L'humilité de ne point juger son prochain, d'avoir conscience de sa petitesse devant l'éternel, de son insignifiance. Etre simplement à son service, au service des autres, de ses enfants, le genre humain.
Il appartient à dieu de juger. Il préside au jugement dernier. Vous partagez cette croyance avec moi, il me semble. En Islam aussi, c'est au jugement dernier que l'on fait le compte de ses actes. Seul dieu en tient compte. Il appartiendra donc à dieu d'estimer si votre incursion violente dans mon église, votre agression mortelle envers ma personne et d'humbles croyants fait de vous des martyres, des enfants de dieu. Pour connaitre un peu le Coran ; comprenez, en tant qu'ecclésiastique, je m'intéressait en la chose divine et je passais des heures, plein de respect, à étudier votre livre sacré ; je sais que dans votre religion, on se doit de respecter les croyances des autres, que l'on doit même reconnaître Jesus et ses fidèles comme des enfants de dieu... Il me semble qu'il soit même considéré comme un grave pêché de s'en prendre à un représentant religieux ou à un croyant d'une autre religion monothéiste... Ca a d'ailleurs été là toute la grandeur de l'Islam, lorsqu'elle domina le monde : elle respectait les lieux de culte et les croyances des pays conquis. Si vous aviez voyagé, vous auriez vu la beauté de Cordoue, de Grenade... L'image d'une mosquée, d'une église et d'une synagogue qui s'embrassent. Votre dieu, seul, dira votre jugement dernier. Je vous laisse donc à votre mort.
Pour ma part, je veux que vous sachiez que je ne vous en pas de m'avoir tué. Au contraire ! Je vous en remercie beaucoup. Comprenez, à 86 ans ! Des rhumatismes à toutes les articulations, des cors au pied, des varices, les jambes lourdes... Attention, je ne me plains pas, je ne faisais que mon office, la douleur n'était que pénitence... et si peu au regard des souffrances que notre Père a expié pour tous nos pêchés. Mais pour tout vous dire, s'occupez de toutes les misères du monde, toute la journée, toute la semaine et même la nuit, à 86 ans ! C'est qu'entre mes bigotes, mes fidèles, la récolte des fonds, les kermesses, l'école diocésaine et surtout tous mes pauvres, tous mes SDF, dont beaucoup immigrés d'origine maghrébine, de réfugiés de Syrie et d’Irak... Je n'arrivais plus à suivre. Mais je ne pouvais pas m'arrêter. C’était là mon devoir. Nous devons tous faire pénitence. Et puis, dieu m'en pardonne, mais pour faire un peu d'humour, non sans quelques vanités, je deviens un martyr ! Je vais peut-être même finir béatifié ! M'en voulez-pas, je ne veux pas vous offenser, mais vous qui veniez mourir en martyr, vous passez pour des... euh.... et moi, je deviens un martyr... J'aurais envie de dire : Le Martyr, c'est qui ? C'est Jacky ! ... Non, désolé, je ne devrais pas rigoler avec ces choses là, il y a quand même des défunts... Enfin je ne parle pas de moi... ce serait trop de vanité pour cette année...
En outre, je veux que vous sachiez que je me tiens un peu responsable de votre mort, de votre suicide et du mal être profond qui vous y a poussé. J’estime en être comptable. Vous avez grandi dans la commune dans laquelle je fais mes oeuvres et pourtant je n'ai pas su venir là où était la misère, là où des enfants grandissaient dans la détresse. Car pour moi la haine ne peut être le fruit que d'une très grande détresse. Dans ma foi à moi, on ne perpétue pas la violence, on tend l'autre joue, on aime son bourreau... On donne de l’amour. Votre haine n'est que le fruit d'un grand désarroi... J'ai passé ma vie à penser que je pouvais participer à sauver l'humanité en donnant mon temps et mon amour à tous et notamment aux plus démunis. On habitait la même commune. Malheureusement, on ne s'est jamais rencontré. Vous n'êtes jamais rentré dans mon église. Enfin jusqu'à ce jour. 
Si vous étiez rentré dans mon église, j'aurais tout fait pour vous aider. Je vous aurais écouté, vous auriez pu tout m'expliquer, la misère matérielle, la misère affective, le stress, la violence, les réprimandes... Je vous aurais aidé, j'aurais fait la quête pour vous. Vous auriez même pu me raconter vos bêtises. J'aurais été une tombe. Le secret de la confession est inviolable. Ca vous aurait fait du bien de vous confesser même si vous n'étiez pas chrétiens. En parlant, on s'écoute. Au calme, essaie de se dire la vérité, à soi-même, sur soi-même. On prend parfois conscience en le disant. Même quand on n’est pas chrétien...
Moi, je respecte la religion musulmane, je respecte votre religion... Enfin, votre religion... Avez-vous jamais été musulman ? Avec tout votre respect, permettez-moi d'en douter... Vous n'y connaissez rien, sinon vous n'auriez jamais attaqué mon église. Excusez ma familiarité mais c'est une religion en carton que vous suivez. Vous n'avez jamais lu le coran, vous sauriez que votre acte est un péché sans commune mesure. Attention, je prierai pour votre absolution... mais je me dois d'être honnête envers vous. Je respecte votre religion et je vous dirais même que j'ai beaucoup d'admiration pour le Coran et que j’apprécie énormément les profondeurs spirituelles de votre théologie. Et plein de bienveillance envers vous, je dois vous dire que vous avez pêché et j'espère que sur le chemin qui vous mènera jusqu'au jugement dernier, vous en ferez pénitence, vous vous absoudrez en vous confessant, en prenant conscience de la bêtise de votre interprétation haineuse de l'Islam.
Je prierai pour vous, même dans l'au-delà, en vous souhaitant le sort le plus clément. Et je me châtierai de ne pas avoir été là pour vous aider quand vous en aviez besoin. Je ne vous demande que deux choses mes enfants :
- Si d'autres de vos con générés souhaitent s'en en prendre à Jésus et à la chrétienté, qu'ils se contentent de nous tuer nous, prêtres et autres dévots dont c'est l'ouvrage. Qu'ils épargnent, je vous en conjure, les fidèles, qui souvent sont des gens pieux qui prient pour les autres et surtout que j'accueille en ma demeure, la demeure de dieu. Leur sort, lorsqu'il rentre dans mon temple, est de mon ressort. Je suis là pour les protéger. Vous pouvez comprendre cela. Vous n'accepteriez pas que non seulement on se permette de profaner une mosquée, mais qu'en plus, on s'en prenne aux fidèles présents. Si nos religions devaient être en guerre, que l'on s'en prenne aux religieux. Je vous donne mon corps. Epargnez les enfants de dieu que j'accueille en ma demeure. Je prends sur moi leurs péchés.
- En priant pour votre absolution et en invoquant du plus profond de mon coeur que clémence et miséricorde vous soit accordées, dans cette perspective, j'espère que vous prendrez conscience que vous avez choisi le chemin de la démence, de la folie meurtrière et que vous vous en repentirez... Dieu est clément et miséricordieux est-il écrit dans le Coran… Si l'on sait se repentir de ses actes. Mais vous devez savoir cela en tant que bon musulman.
Moi, je ne suis rien, mais je vous pardonne. Je vous aime.
Que notre père vous pardonne.
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Jean Mohamed De La Bastille.